La voilà donc arrivée, la fin de ma jeunesse.
Je l'ai dévoré crue, sans laisser aucun reste.
Le bon sens, la raison les fuyant comme la peste.
Le soir qui se profile ou j'entre dans la vieillesse.
Maintenant, que je touche au sommeil de la tombe.
Je me souviens des filles de Casteljaloux.
A Sucette, Ninon, Vivianne et Mary-Lou.
Roucouler, nuit et jour, imitant la palombe.
Les fêtes de village où nous sommes allé.
La forge, Antagnac, Morey et Gravillon.
Les spectacles des lumières sur les Carmes à Langon.
Tous ces endroits magiques où on se pavanait.
Chasser sur les chemins ou jouer dans les vignes.
Planter sur des échasses, ou bien danser la gigue.
Courir le guilledou, dormir dans la garrigue.
Vaquer aux alentours sans suivre les consignes.
Les grands terrains de boules où on a pétanqué
Les banquets, les noces et les copieux festins
Les querelles politiques, les affres du destin.
Et les parties de cartes, vont beaucoup me manquer.
Partir l'esprit tranquille, je suis calme et serein.
Je vous laisse la Terre, les champs et ses lapins.
Les beaux chênes, les ormes et aussi les grands pins.
Les fleuves, les mers, les lacs, alors prenez en soin.
Mes amis, attendez, avant de prendre un train.
Ce n'est pas pour ce jour, ni pour demain matin.
Comme les forces me manquent, je vais passer la main.
Je vais franchir le Styx, le fleuve des enfers, et enfin,
Sdishatz, "Adieu les Aquitains".
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Adishatz, qu’ei a partir!
Tornarei, un beth matin , amic
Qu’ei açi qui cau fenir,
Shens nat brut, shens nat chepic.—
(Los de l'Ouzom, Adishatz)
Traduction:
Au revoir, je dois partir.
Je reviendrai par un beau matin, l’ami.
C’est ici qu’il nous faut finir.
Sans bruit et sans tracas.