Horizon bleu de mer
Où chavire la côte
Qui avale le ciel,
Incirconscrit, irréel.
Il engloutit son hôte
Comme si mer
Il était
Comme si mer
Il pouvait…
Fantasme qui l’assigne
À l’accueil des hauts-temps,
Imaginaire qui signe,
Soit disant
Pour enfants,
Légendes et comptines
Qui s’acoquinent
Au mirage haletant
D’une île qui dévore
Jusqu’à ses habitants,
Et sa faune et sa flore,
Tout autant !
Sur la crête des abîmes,
Voguent les continents
Où les siècles s’arriment,
Fiers et fracassants.
Qui racontera leur science, leur art,
Leurs vertus et leurs mythes ?
Les haines fratricides, le ciel hagard
D’où les vautours se précipitent ?
Houles et clameurs aux entrailles
Des mondes, font des rêves pourtant
Où des astres tressaillent
Au solstice d’un printemps
Qui rendrait à chacun son étoile perdue
Et sa part de bonté, qu’avant le jour,
Un ange à fleur de vague lui aura rendue
Étincelante : la perle de l’amour.
Et toi qui dit cela,
Tes muses auront des ailes
Qu’elles ne se savaient pas
Elles
Qui, sans poème,
Scrutaient le ciel éteint
Sans rossignols, sans grives
Qui les éveillent au matin !
Mais des mots qui les aiment,
Te les ramènent, vives !
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Au seuil de l’être, le cœur écoute
Tout ce qui va
Et fait sa route
De-ci, de-là…
Aucun sillage sur tes eaux :
Des bruines d’or et d’améthyste
Ornent pour toi le jour éclôt :
Aura de tout ce qui existe.
==== Jacqueline Dubé, cbp