Tu auras été un mirage
Et tu as ravivé ma rage
De vivre, d’aimer, de me transcender
Mais surtout et enfin le désir de m’abandonner
Tu auras été un rêve
Le plus beau, le plus doux, le plus fou
J’ai imaginé nos remous
Mes hanches ancrées aux tiennes
Nos corps enlacés
Embrasés…
Nos bouches assoiffées
Nos têtes décoiffées
Par des nuits d’amour interminables
De désir insatiable, inaltérable, intolérable.
Un geste de ta main
Et j’ai basculé vers mon destin
Perdus mes repères, envolée ma prudence
Avant toi, tout n’était que carence…
Tu m’as dit m’avoir inventée
Tu as raison, car si je t’avais rêvé,
Tout aurait été limité, étriqué,
Par rapport à ta beauté pimentée, sophistiquée
Tes yeux brûlants qui me parlent en silence
Ta bouche si douce, impatiente, déclenchant notre luxuriance
Tes mains qui me cherchent, se liant aux miennes
M’invitant à être tienne
Me l’implorant
Me l’exigeant…
Mais j’ai réinventé ton corps
Imaginé l’accord de nos corps à corps
Une symphonie de gémissements
De cris d’amour tels des déchirements
Dans la nuit nous invitant à nous aimer encore
À se croire mortes et faire l’amour encore…
Mais l’oasis suivra-t-elle le mirage ?
L’amour survivra-t-il à l’amoncellement des nuages
Qui surplombent ta vie et ses litanies
De drames ? Me diras-tu bientôt, que malgré toi, nous c’est fini ?
Si c’est le cas, laisse-moi conserver au fond de moi
Dans la douleur
Dans le bonheur
Ce souvenir de ce qui aurait pu être Toi, être moi
Et préserve à jamais dans tes sens, ton cœur,
L’essence de mon élixir qui avait distillé tes premières peurs…
Montréal, le 25 février 2006