Ô, jours lointains de ma jeunesse,
Vous qui fûtes si doux à mon âme d'enfant,
Vous brulez en mon coeur
Tel un grand soleil d'été.
Ô, temps d'allégresse,
Que la mort ne savait pas.
Il me semblait que la vie alors
Demeurerait si longtemps.
Et la camarde et sa noire éternité
N'était encore pour moi qu'un songe
Au bout d'un long chemin.
Rien qu'une ombre parmi celles de la nuit
Que chassait le petit matin,
Balayant de sa lumière mes angoisses.
Je recevais chaque jour nouveau
Comme un superbe présent,
Et les baisers de mes parents
Et leurs gestes d'amour
Savaient calmer mes chagrins enfantins.
Ô, jours lointains de mon passé,
En de sombres forêts égarés.
De ce temps d'innocence perdu
Il me demeure de tendres souvenirs
Et de ceux aujourd'hui disparus
Le fragile sourire.