Le ciel s’est diapré d’un nuage d’amour ;
Il s'écoule dans l'air une langueur câline,
— Ainsi filtre sa voix de sa bouche, — si fine
Qu'il en tombe une larme au soupir de ce jour.
Le soir tait sa douleur sur les monts d’alentour ;
Et dans l’obscurité, de la lune orpheline,
On perçoit vaguement, de colline en colline,
Les branches et les troncs se fondre tour à tour.
La si paisible nuit, posant sa lèvre douce
Aux bords de l’horizon, embrasse le ciel pur…
Un long frémissement se répand dans l’azur
Comme dans le ruisseau se répand une mousse...
— Et la vision meurt et devient un oubli,
Ainsi que d’un linceul se distingue le pli…