Un triste matin, alors que j'étais affalé
Au bar de l'hôtel de Bordeaux
L'alcool m'ayant quelque peu enivré
Je m'enfonçais dans les brumes alcoolisées de mon cerveau.
Soudain, un cri me tira de ma somnolence
Un feu s'était déclenché dans la lingerie.
L'hôtel flambait quelle malchance...
Pour moi dérangé dans ma saoulerie.
Autour de moi ce n'était que panique et cris.
L'hôtel de Bordeaux brulait
Et moi je riais.
L'hôtel pouvait se consumer
Eperdument je m'en fichais
La seule chose qui me chagrinait
C'était le bar et l'alcool qu'il contenait.
Dès lors, prenant mon courage à deux mains,
Je plongeais dans l'enfer de ce petit matin.
Je descendis d'un pas décidé les escaliers
Menant au sous-sol enfumé.
Là, dans le local confiné,
Habituellement si mal éclairé,
Je voyais, tel un grand soleil flamboyant
Les flammes qui, le plafond léchaient.
Déjà, je respirait difficilement
Pourtant, d'un extincteur je m'emparais,
Et après une minute de folie
Où je poussait un formidable cri,
Je me jetais dans le brasier.
Enfin, vitupérant, éructant, dans les larmes et la sueur,
À cet instant, je me sentais fort et sans peur,
J'éteignis l'incendie.
C'est épuisé et rougis que je ressortis,
Aspirant l'air à grandes goulées.
J'avais soif et le bar m'attendait.
L'auberge était sauvée
L'alcool pouvait couler.
Hélas, la patronne de l'établissement
Pour tous remerciements
Me dit le regard torve et d'un ton rogue de ficher le camp.