Sur le long ruban sinueux,
Se déroulant sous mes yeux,
N'apparait rien d'autre que la soie livide,
De ce brouillard dense qui semble solide.
Parfois, d'un arbre, j'entrevois la cime,
Semblant flotter sur un tapis de chine,
Ses longs bras tendus, presque en prière,
Implorant je ne sais quel dieu ou sorcière.
Quel sentiment étrange,
D'être happé par cette immensité,
Prisonnier comme enfant dans ses langes,
Et pourtant, libre d'avancer.
Le chemin s'annonce difficile,
Mais que pourrais-je redouter ?
Le paysage parait hostile,
Mais ce n'est qu'une illusion donnée.
Une lueur s'est frayée un chemin,
D'un éclat faible comme lanterne,
Pour signaler au pèlerin,
Que l'aventure arrive à sa terme.