Se bercent les balançoires dans le vent,
Seules, là où le soleil se tait
Dans le parc les enfants pleuvent
Sur le sable muet
Empreinte sur leurs joues, la vie.
J'y vois du jour les feux,
Appuyée sur mon banc aigri
À l'abri des temps belliqueux.
Les rires fusent et se mélangent
Je sens des rêves qui se dessinent
Près des cylindres verts et oranges
J'entends des chansons, des comptines
Une poésie dissimulée
Dans une révolte adolescente
Sur les asphaltes devenues papier
D'amour brûlants, de peines violentes.
Un vieux tourniquet délavé
Où de longs cheveux blonds flottent gaiement
Semblable aux pâles rayons diaprés
Des derniers souffles d'un printemps.
J'essuie les larmes de mon papier
Du revers de ma vie
D'un souvenir pâte à modeler
Ce qu'il en reste encore ainsi.
Si peu! Ma douce mémoire
L'innocence des grands yeux
Mes bricolages sont morts
Sans aurevoir ni adieu.
Sous mon chapeau cambré
J'écris ces quelques lignes
Près des feuilles amoncelées
Jeunes pétales de jonquilles.
Ils courrent sans souliers,
Sur leur balles de mousse
Ils seront guerriers,
Ils le seront tous !