Quel doux hasard,
Me fit sortir ce soir
Me promener sur le rivage
Plutôt que hanter les rues de mon village
Ne serait ce que le destin,
Qui nous mène sur le chemin,
De nos futurs amours
Enfin je ne regrette point mon détour.
Je m'assis au sommet d'une dune
Pour admirer d'en haut les reflets bleutés de la lune
Quand dans un instant magique
Je la vis sortir de l'eau ma douceur angélique
Nue, nimbée d'un halo de gouttelettes.
Secouant sa chevelure d'un mouvement brusque de la tête
Elle semblait de ses longues jambes marcher sur l'eau
Sirène, femme parfaite je n'avais rien vu de plus beau.
Je me sentais impudique tel un voyeur
Mais ne pouvais détourner mon regard plein d'ardeur.
Elle, allongée son corps parfait sur le sable.
Je n'osais bougé de peur de la gêner.
Ou peut être par esprit de ne vouloir du spectacle rien rater.
Comme j'aurai aimé être un instant ce vent.
Ce vent tiède qui la caressait doucement.
J'aurai tout abandonné
Pour être à ses côtés allongé
A Dieu, j'aurai cru,
Si j'avais pu aimer son corps nu,
Ma vie aurai offert
J'aurai traversé le désert
Pour avoir le droit de serrer son corps.
Oui tout donner, tout promettre et plus encore
Mais l'existence est une voleuse de rêves
Car dans un moment d'obscurité a disparu mon rêve.
Seul subsistait l'empreinte de la silhouette
Comme moulé dans le sable, image parfaite
Dessin éphémère qui sera gommé par la prochaine marée.
Seul en ma mémoire, elle restera imprimée
Voilà pourquoi que chaque soir.
Sur ce rivage je traîne mon espoir!