La main noueuse, toute déformée, du grand-père
Dans un fauteuil, devenu soudain grabataire,
Qui s’est tendue vers ma joue, toute tremblante
Pour une ébauche de caresse reconnaissante ;
Le regard triste de cet Ancien, plein de douceur,
Qui pour un instant, est sorti de sa torpeur…
La petite main potelée de mon bébé
Qui découvre et se rassure par le toucher
Chef-d’œuvre de perfection de la nature
Tendu maladroitement vers ma figure...
Ses yeux qui sourient et aussitôt s’illuminent
En reconnaissant la personne qui le câline...
La main de l’enfant qui vient dans celle du père
Se nicher, pour suivre ses pas, confiant et fier ;
Il se redresse de toute sa hauteur de trois pommes
Et trottine gaiement auprès de cet homme..
Le regard d’amour, curieux, plein d’admiration
Qui se lève vers ce guide plein de dévotion...
La main de cet adolescent qui est mon fils
Dont les quelques timides gaucheries me ravissent
Me communique toute sa tendre affection
Pudiquement, en chahutant, sans précaution...
Ses yeux qui me couvent, reflètent son désir
De me faire savoir ce qu’il n’ose pas me dire...
Ta main sur ma nuque qui s’attarde, chaude et rugueuse
Lorsque tu passes près de moi, et me rend heureuse...
Petit geste qui paraît si insignifiant
Mais qui traduit notre profond attachement...
Ton regard qui se charge d’inquiétude bleue
Quand rien ne va, quand je me replie, malheureuse...