L'épave d'un chaland
Echouée sur la plage
N'attend rien que les crabes
Supporte les goélands
La plaine solitaire
Habitée de bruyères
N'écoute que les épis
Qui dansent dans le vent
L'immense banquise
Pétrifiée par la bise
Ne craque que pourles vagues
Qui la frappent et la brisent
La vieille demeure
Désertée de ses gens
Ne guette qu'un bruit de pas
Portes grandes ouvertes, n'accueille que les voleurs
Et l'homme dans la ville
Dans sa tour de glace
Ne s'endort qu'en songeant
Que peut-être, un ami viendra prendre sa place
Et toi qui travailles tant
Esclave de l'argent
N'espères-tu rien d'autre
En amassant autant?
Et moi qui reste là
Me demandant pourquoi
Je n'ose même pas
Rêver d'un peu de joie
Ainsi seuls, nous le sommes que le reste du monde
Chacun dans son état
Ne restons que pour çà...
Isolés mais en vie!