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 Poèmes triste

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 Le pont des limbes 30/06/2019 
 Par Villar Garcia, 59 ans, Valserhône, France
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Ce court ruisseau de sa course insignifiante
En ébullition dans la carafe d’août,
Dans l’épaisse fumée où s’étouffe la viande
Où se dressent en elle autant de saveurs… Tout

Le bien-être du monde attelle la charrette
Aux cascades de l’aube où l’horizon si gris
Avec le pas dolent que nulle boue n’arrête,
S’enlise dans les soirs taciturnes, aigris.

Dans l’armoire se fronce un mouchoir : Qui le plie ?
La pantomime de quatre points cardinaux.
Aux quatre saisons se frotte la panoplie
De mes larmes et de ses larmes et de nos

Même rires. Clopin-clopant, la caravane
S’est métamorphosée en sinistre convoi.
Qui fume ? Quel bouffon ? Le ciel comme un havane !
Si haut, tellement haut, tellement loin de moi !

S’enroulant dans les plants fleuris des pharmaciennes,
À l’heure H, du jour J l’infuse me soustrait.
Pressée, Compressée par des sciences anciennes
L’heure des geignements contriste mon portrait.

Sur le grand chevalet des augures dessinent
Aux feutres de l’automne une esquisse de main.
Demain que des amours entre elles assassinent.
Deux mains qui posément sur la toile de lin

Badigeonnent l’azur d’une couleur pâlotte.
Le seul tréteau planté dans le sol sablonneux
Disparaît sous des flots et des tonnes de flotte ;
La bise dans la brize accommode ses nœuds.

Au bord du crépuscule entre bonnes manières,
Entre gens comme il faut, je reste mal loti !
Quelle gent avec des ficelles printanières
Ligote l’avenir à ces deux pilotis ?

L’un pique vers l’avant, l’autre penche en arrière.
L’un griffe l’horizon, l’autre trempe dans l’eau
L’axe de mon nombril qui comme une barrière
Séparerait l’auguste homme de ce falot

Qui déboulonne encore avec désinvolture
Les boulons du pylône alimentant mon cœur.
Les câbles frétillants d’une rêche aventure
Extirpent de ma vie un effrayant bunker.

Sous les arches du pont : La grand-messe fut dite !
Les bruits du jour couverts de silence… Hormis
Son pas sur les galets qui s’éloignait trop vite.
Sur le tronc abattu : Mes quinquets endormis !

Septembre va mourir ! Octobre de ses cendres
Renaîtra plus tenace, un tantinet plus froid ;
Plus éploré dans le fleuve où glissent les sandres
À la recherche de ce qui reste de moi.



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