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 L'arrosoir 23/04/2019 
 Par Pellac, 65 ans, St Francois, France
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J’aimais à vous surprendre encore endormies,
Légères, enveloppées de perles de rosée
Qu’un rayon de soleil venait enluminer
Et donner tout son sens à ma petite vie.

Je languissais, pensif à l’ombre d’un troène
Une rose pourprée apparue sous mes yeux,
Je fus comme éperdu, follement amoureux,
Je cumulais les ans, elle quelques semaines.

Rien ni personne ne peut influencer le temps
Ni effacer les rides qui rendent vénérable,
Mais j’aurais volontiers vendu mon âme au diable
Pour avancer les âges et reculer les ans.

Elle s’en alla fleurir les jardins de Palmyre
Laissant fané mon cœur au milieu de l’allée
Parmi les coronilles, dahlias et azalées
Puis me griser de nard, d’hydromel et de myrrhe.

Le temps a fait son œuvre en ami infidèle
Me voici à présent un objet remisé
Qui depuis des années ressent son corps rongé,
Posé entre un gibus et une vieille aquarelle.

Un doux rayon de Lune traverse le volet,
Déposant sa lumière sur le miroir d'en face;
Quel est donc cet objet dont le regard me glace?
Est-ce-moi que je voie à travers le reflet?

Ha! Maudite chimère à l'étrange pouvoir,
De s'être contemplé à travers tous les âges
On se voit maintenant cerclé d'un sarcophage
Terminer notre vie dans ce triste mouroir.

Suis-je donc tant usé?
Ai-je donc tant vieilli?
Toi, rouille qui me couvre, trop souvent combattue
Je t'entends ricaner de me voir en vaincu,
Enfin! Je t'aperçois, fidèle ennemie.

Ote-moi la souffrance, le mépris, la disgrâce,
N’espère pas de moi la moindre reculade,
Attendre patiemment que mon corps se dégrade?
Non, merci! A l’oubli je préfère l’audace.

Je connus bien des joies, et beaucoup d’amertume,
La jalousie souvent, mais autant que je sache
On peut être arrosoir et avoir du panache
Que l’on reconnaitra lors des honneurs posthumes.

Comment puis-je oublier que toute mon existence
Je la dois aux bleuets, crocus, aux hélianthèmes,
A chacune d'entre elle j'aurais pu dire « je t'aime »
Inondant mon amour de leur évanescence.

Avant qu’autour de moi deux bras rouillés m’enserrent,
Laisse moi m’enivrer de senteurs d'hellébore,
De jasmin, de lilas et que la mandragore
Emplisse mes souvenirs de jardins éphémères.



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